Étude de cas : relevé 3D et cubature de falaise

Étude de cas — Relevé complet d’une falaise destinée à être découpée en quatre étapes : modèle 3D haute résolution, calcul de surface, cubature, classification du couvert végétal et cartographie morphologique des parois. Objectif du commanditaire : préparer une intervention à risque sans envoyer personne reconnaître le terrain au préalable.

Le problème posé

Découper une falaise par étapes suppose de savoir, avant d’engager le moindre moyen, trois choses : quel volume de roche sera déplacé à chaque phase, quelles surfaces sont concernées, et où se situent les parois réellement verticales — celles qui dictent le plan de sécurité, le matériel à mobiliser et les consommables à prévoir.

Ces réponses se cherchent traditionnellement sur le terrain, en paroi, avec les risques que cela suppose. C’est précisément ce que le relevé aérien permet d’éviter.

Le dispositif

Deux acquisitions complémentaires sur la même emprise :

  • Photogrammétrie haute résolution — plusieurs centaines de prises de vue à recouvrement, reconstruites en modèle 3D maillé sous Agisoft Metashape Professional
  • Relevé LiDAR — pour atteindre le sol sous le couvert boisé, là où la photogrammétrie ne voit que la cime des arbres
  • Géoréférencement RTK — points de calage relevés au sol à la canne GNSS ; selon la configuration, la base est connectée au drone en vol pour affiner son positionnement

La combinaison des deux n’est pas un luxe : sur une falaise boisée, un modèle purement photogrammétrique donnerait un volume faussé par la végétation. Le LiDAR fournit le terrain nu, la photogrammétrie fournit la texture et le détail de paroi.

Nuage de points LiDAR d'une falaise boisee montrant la canopee et le sol restitue en dessous
Nuage de points LiDAR : la canopée en haut, le sol restitué en dessous. C’est cette seconde surface qui sert au calcul de volume.

Les livrables

Une même acquisition, cinq produits distincts, chacun répondant à une question différente.

Planche de livrables d'un releve de falaise par drone
Les cinq livrables issus du même relevé : modèle photogrammétrique, maillage 3D, modèle numérique de surface, classification falaise/végétation et cartographie morphologique.

Le modèle 3D mesurable

Le modèle est géoréférencé, donc mesurable directement : la falaise relevée développe 209,78 m de longueur pour une hauteur de l’ordre de 80 m. Ces cotes se prennent sur le modèle, à l’écran, sans retourner sur site.

Modele 3D photogrammetrique d'une falaise avec mesure de longueur de 209,78 metres
Mesure de longueur prise directement sur le modèle géoréférencé : 209,78 m.
Modele 3D d'une falaise avec mesure de hauteur de 80 metres
Mesure de hauteur sur la même emprise : environ 80 m.

Le modèle numérique de surface

Le MNS restitue l’altitude de chaque point de l’emprise. C’est lui qui alimente les calculs de volume : la différence entre deux états, ou entre l’état actuel et le profil projeté, donne directement la cubature de chaque phase de découpe.

Modele numerique de surface d'une falaise en fausses couleurs
Modèle numérique de surface : chaque couleur correspond à une altitude. Base du calcul de cubature.

La cartographie morphologique

C’est le livrable le moins courant, et le plus utile ici. Chaque facette du modèle est colorée selon son inclinaison, de 0° pour l’horizontale à 90° pour la verticale franche. La carte fait apparaître d’un coup d’œil les zones de paroi réellement verticales — celles qui imposent un mode opératoire, un ancrage et un équipement particuliers.

Une classification distincte sépare par ailleurs la roche de la végétation, ce qui permet d’estimer le débroussaillage préalable et d’exclure le couvert des calculs de volume.

Le résultat

  • Précision de ±5 cm sur le calcul de surface par rapport à la valeur relevée au sol
  • Aucune reconnaissance en paroi nécessaire avant l’intervention : le site a été visité dans son jumeau numérique
  • Un plan de sécurité étayé par la cartographie des parois verticales, et non par une estimation visuelle
  • Un dimensionnement chiffré du matériel et des consommables, phase par phase
  • Des détails invisibles depuis le sol — le modèle haute résolution révèle des éléments de paroi qu’aucune observation depuis le pied de la falaise ne permet de voir

Ce que cette mission démontre

Un relevé de ce type n’est pas une prestation d’image. C’est une chaîne complète : préparation de vol, double acquisition, géoréférencement contrôlé, traitement photogrammétrique et LiDAR, classification, puis production de livrables métier destinés à des décisions d’ingénierie.

Le même enchaînement s’applique à une carrière, un talus, un front de taille, un ouvrage d’art ou un versant instable — partout où il faut mesurer un volume et connaître une géométrie avant d’intervenir.

Un relevé de ce type à faire ?

Décrivez le site, la surface et ce que vous devez décider grâce aux données. Nous vérifions la faisabilité et revenons sous 24 heures avec une proposition chiffrée.

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