Étude de cas : remplacement d’un nez de torche à 120 m

Étude de cas — Remplacement d’un nez de torche à 120 mètres de hauteur sur un site industriel en exploitation. Plusieurs drones et une base au sol ont retransmis l’image en direct au grutier pendant toute la manœuvre de dépose, puis de pose de la torche neuve.

Vue aérienne par drone d'un site industriel avec ses deux torchères avant intervention
Le site et ses deux torchères avant intervention.

Le problème posé

Un nez de torche est la pièce terminale d’une torchère : elle brûle les gaz excédentaires, s’use, et doit être remplacée. L’opération consiste à la découper, la soutenir, la lever, la descendre au sol, puis à monter et fixer la pièce neuve — à 120 mètres, avec une grue de très grande hauteur.

La difficulté n’est pas de lever la charge. Elle est de voir ce qui se passe en haut. Depuis sa cabine, le grutier n’a aucune vue utilisable sur la pièce, sur les élingues, ni sur les compagnons qui travaillent sur la plateforme. Les équipes au sol non plus. Traditionnellement, la manœuvre se pilote à la voix, sur description radio de quelqu’un posté en hauteur.

Grue de grande hauteur déployée sur le site industriel pour le remplacement du nez de torche
La grue de grande hauteur déployée sur le site pour la manœuvre.

Le dispositif

Nous avons mis en place une chaîne de retransmission en direct, à plusieurs points de vue :

  • Plusieurs drones simultanément, positionnés à des angles complémentaires autour de la torchère — un axe pour la pièce elle-même, un pour l’accroche, un pour la vue d’ensemble
  • Une base au sol assurant la réception, le mélange des sources et la redistribution des images
  • Un retour direct au grutier, qui a piloté la dépose puis la pose en voyant réellement la pièce, et non sur description
  • Une liaison chiffrée de bout en bout — sur un site industriel, la vidéo d’exploitation n’a pas à circuler en clair

La même chaîne a servi pendant toute la phase de sécurisation : suivre le déroulement du chantier, contrôler la pose des protections, vérifier les points d’ancrage — sans envoyer personne de plus en hauteur pour observer.

Nez de torche soutenu par une grue au-dessus de la plateforme de travail à 120 mètres
Le nez de torche soutenu par la grue, au-dessus de la plateforme de travail.
Drone en vol à hauteur des torchères pendant la retransmission en direct
L’un des drones en vol à hauteur des torchères, pendant la retransmission.

Ce que ça change concrètement

  • Le grutier voit sa charge. C’est la différence entre exécuter un ordre transmis et conduire une manœuvre. Sur une pièce de cette taille à cette hauteur, la marge d’erreur se réduit d’autant
  • Personne ne monte pour observer. Les seules personnes en hauteur sont celles dont la présence est indispensable à l’opération
  • Le déroulement est documenté. Les images servent au compte rendu d’intervention, et à l’analyse a posteriori si un point doit être rejoué
  • La décision se prend à plusieurs. Donneur d’ordre, chef de chantier et grutier regardent la même image au même instant
Découpe de nuit au sommet d'une torchère vue par drone, gerbes d'étincelles visibles
Découpe de nuit au sommet de la torchère — une phase où la vue depuis le sol est nulle.
Compagnons au travail sur la plateforme d'une torchère à 120 mètres de hauteur
Les compagnons sur la plateforme, à 120 mètres. Seules les personnes indispensables à l’opération sont en hauteur.

Le lever de doute en direct, au-delà de cette mission

Le dispositif n’est pas réservé aux grosses manœuvres de levage. Dès qu’il existe un doute sur un point d’un site — un accès, un état de structure, une fuite suspectée, une zone inaccessible —, un drone peut envoyer l’image en direct à ceux qui doivent décider, où qu’ils soient.

C’est particulièrement utile quand les décideurs ne sont pas sur place : un responsable technique au siège voit le même chantier qu’un chef d’équipe au pied de l’ouvrage, en même temps, sans attendre un rapport ni programmer un déplacement.

Les mêmes usages s’appliquent au suivi de chantier à distance, à l’inspection de bâti et au contrôle d’avancement — sur des sites dépourvus d’infrastructure réseau comme en pleine zone industrielle.

Ce que cette mission démontre

Trois choses qu’un vol d’inspection ordinaire ne démontre pas.

D’abord, la capacité à opérer plusieurs aéronefs en coordination sur une même zone, en présence d’une grue de grande hauteur et de compagnons en poste — ce qui relève de la préparation et de la gestion du risque autant que du pilotage.

Ensuite, la maîtrise d’une chaîne vidéo temps réel avec régie au sol et diffusion sécurisée, ce qui n’est pas le même métier que rapporter des images à traiter le lendemain.

Enfin, l’accès au site lui-même. Intervenir sur une torchère en exploitation suppose des habilitations d’accès sites pétrochimiques N1 et N2 et des habilitations électriques NF C 18-510. Sans elles, la question du pilotage ne se pose même pas.

Une opération de ce type à préparer ?

Décrivez l’ouvrage, la manœuvre et les contraintes d’exploitation. Nous étudions la faisabilité réglementaire et technique, et nous revenons sous 24 heures.

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