LiDAR ou photogrammétrie : lequel choisir pour votre relevé ?

C’est la question qui revient à chaque consultation, et la réponse honnête n’est pas « le LiDAR, c’est mieux ». Les deux techniques ne mesurent pas la même chose. Voici comment choisir, avec des exemples tirés de nos propres relevés.

Deux façons de fabriquer un volume

La photogrammétrie reconstruit une scène à partir de centaines de photos qui se recouvrent. Un algorithme retrouve les points communs entre les images, en déduit la position de chaque prise de vue, puis la forme de ce qui a été photographié. C’est de la géométrie déduite de l’image.

Le LiDAR ne déduit rien : il mesure. Le capteur envoie des impulsions laser et chronomètre leur retour. Chaque impulsion donne une distance, donc un point. C’est de la mesure directe.

Cette différence de principe explique tout le reste.

Ce que le LiDAR fait et que la photogrammétrie ne fera jamais

Voir le sol sous les arbres

C’est l’argument décisif. Une impulsion laser peut traverser les trouées du feuillage et atteindre le sol, tandis qu’une photo ne montre que la canopée. Après classification du nuage de points, on isole les retours sol et on obtient le terrain nu.

Nuage de points LiDAR d'une falaise boisée montrant la canopée et le sol restitué en dessous
Relevé LiDAR d’une falaise boisée : la canopée en haut, le sol restitué en dessous. C’est cette seconde surface qui sert au calcul de volume.

Sur un site boisé, un modèle purement photogrammétrique donne un volume faussé par la végétation. Si vous devez calculer une cubature sous couvert, la question ne se pose pas.

Une nuance utile : la pénétration dépend de la densité du feuillage. Un relevé hivernal, hors feuilles, donne un bien meilleur résultat qu’en pleine saison de végétation. Le choix de la date compte autant que le choix du capteur.

Restituer les structures fines

Câbles, garde-corps, treillis, antennes, pylônes : ces éléments minces se reconstruisent mal en photogrammétrie, faute de texture suffisante pour que l’algorithme les accroche. Le laser, lui, les touche et les mesure.

Travailler en faible luminosité

Le LiDAR porte sa propre source. Il fonctionne par temps couvert, en fin de journée, sous un ouvrage — partout où la photogrammétrie manque de lumière et de contraste.

Ce que la photogrammétrie fait mieux

La texture et la lecture visuelle

Un nuage LiDAR donne une géométrie, pas une image. Pour lire une fissure, repérer une corrosion, identifier un matériau ou produire une orthophoto exploitable, c’est la photogrammétrie qu’il faut.

Orthophotographie géoréférencée produite par drone, Rouen
Ortho-projection photogrammétrique géoréférencée. Les déformations de perspective sont corrigées : on peut mesurer dessus et la superposer à un fond cadastral.

Le coût et la simplicité

Un capteur LiDAR coûte plusieurs fois le prix d’une chaîne photogrammétrique, pèse davantage — donc réduit l’autonomie — et son traitement demande plus de temps. Sur une surface dégagée, payer du LiDAR pour un résultat que la photogrammétrie fournit aussi bien n’a aucun sens.

Comment on choisit, en pratique

Nous partons du livrable, pas du capteur. Trois questions suffisent le plus souvent :

  • Y a-t-il de la végétation entre le capteur et ce que vous voulez mesurer ? Si oui, LiDAR
  • Avez-vous besoin de voir, ou de mesurer ? Lire un état de surface, c’est de la photogrammétrie. Calculer un volume sous couvert, c’est du LiDAR
  • Y a-t-il des éléments fins à restituer ? Câbles, structures ajourées : LiDAR

Et très souvent, la bonne réponse est les deux. Sur le relevé de falaise ci-dessous, le LiDAR a fourni le terrain sous les arbres et la photogrammétrie la texture et le détail de paroi. Un seul déplacement, deux acquisitions, cinq livrables.

Planche de livrables d'un relevé de falaise par drone : modèle 3D, modèle numérique de surface, classification falaise/végétation et cartographie morphologique des parois verticales
Les cinq livrables issus d’un même relevé : modèle photogrammétrique, maillage 3D, modèle numérique de surface, classification falaise/végétation et cartographie morphologique des parois.

Le point que tout le monde oublie : le géoréférencement

LiDAR ou photogrammétrie, une précision annoncée sans système de référence ne veut rien dire. La question n’est pas « combien de centimètres » mais « centimètres par rapport à quoi ».

En France, cela signifie un rattachement RGF93 / Lambert 93 en planimétrie et NGF-IGN69 en altimétrie, obtenu par RTK ou PPK, et contrôlé sur des points relevés au sol indépendamment du vol. Sans cela, vous avez un joli modèle qui ne se superpose à rien.

Modèle numérique de surface d'une falaise en fausses couleurs issu d'un vol drone
Modèle numérique de surface : chaque couleur correspond à une altitude. C’est cette donnée qui alimente les calculs de cubature.

En résumé

  • Végétation à traverser — LiDAR, sans hésiter
  • Structures fines, câbles, treillis — LiDAR
  • Faible luminosité — LiDAR
  • Texture, état de surface, orthophoto — photogrammétrie
  • Surface dégagée, budget contraint — photogrammétrie
  • Livrable complet sur site complexe — les deux, dans la même intervention

Un projet de relevé en cours ? Décrivez le site et le livrable attendu : nous vous dirons quelle technique s’impose, et si une seule suffit. Voir notre page relevé LiDAR et cartographie 3D, l’étude de cas de la falaise, ou nous écrire.

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